JOUR 6 : MONDRIAN / DE STIJL AU CENTRE POMPIDOU

LUNDI 7 MARS 2011 

Bien qu'il soit un artiste extrêmement célèbre, il ne m'est jamais arrivé, je crois, de voir en réel des oeuvres de Piet Mondrian dans aucun des nombreux musées que j'ai eu la chance de visiter. Comme il y a présentement au Centre Pompidou une exposition sur Mondrian et le groupe de Stijl , l'occasion est parfaite pour pallier à ce manque.


Après une matinée relax à jaser avec François et à travailler à mon blog, je quitte l'appartement, direction Centre Pompidou. En chemin j'accroche au passage une baguette garnie de poulet tikka, laitue, concombre, tomate et mayo.


Rapidement, j'arrive au musée, une création unique en soi, qui n'a laissé personne indifférent depuis sa construction à la fin des années 70 : résultat d'un concours, le bâtiment «devait répondre aux exigences de pluridisciplinarité, de libre circulation et d'ouverture des espaces d'exposition. Ce concours a été remporté par deux jeunes architectes, l'Italien Renzo Piano et le Britannique Richard Rogers en proposant un bâtiment dans l'esprit d'une architecture libertaire caractéristique des années 60. La structure portante et les circulations, la chenille des escalators par exemple, sont rejetées à l'extérieur laissant toute la place aux espaces muséaux et d'activités. Arrimées à l'extérieur sur la façade est, et utilisées comme habillage de la structure, les gaines techniques se détachent en quatre couleurs : le bleu pour l'air, le vert pour les fluides, le jaune pour les gaines électriques et le rouge pour les circulations. La transparence de la façade principale à l'ouest permet d'observer la vie du Centre depuis la piazza, une vaste esplanade voulue par les architectes comme lieu de continuité entre la ville et l'institution.» (extrait du site du Centre Pompidou).




 Après les quelques photographies d'usage, j'entre dans le vaste hall d'accueil. Le musée a bien changé depuis que j'y suis venue pour la première fois en 1998 : à cette époque, il subissait d'importantes rénovations et les expositions étaient fréquemment relocalisées en fonction des salles devant être remodelées ou remises à neuf.

Ignorant pour l'instant les expositions permanentes, je me dirige immédiatement vers les salles consacrées à Mondrian/De Stijl. Et là, je suis renversée.

Je m'attendais à ce que l'exposition m'intéresse, m'apprenne des choses sur ce peintre dont on reconnaît aisément le style unique : des lignes noires horizontales et verticales, et des aplats de couleurs primaires.


Ce à quoi je ne m'attendait pas du tout, c'est d'être fortement interpellée par la démarche de Mondrian, d'être profondément touchée par son concept de la peinture et de la représentation plastique. Il me serait difficile ici de traduire en mots ce que j'ai ressenti pendant les 4 heures (eh oui) que j'ai passé à sillonner l'exposition. J'ai été émue, stimulée intellectuellement autant qu'au niveau du sentiment pur. Je vais malgré tout tenter de résumer l'essentiel de ma compréhension de la démarche de Mondrian...

À l'époque où Mondrian aborde la peinture, la pensée théosophie est très en vogue : l'être humain est à la recherche du divin, et c'est notamment à travers les diverses religions que l'homme tente d'atteindre ce divin. Mondrian, quant à lui, soutient que les formes et les couleurs traduisent le langage secret du monde. Sa religion à lui, c'est la recherche d'un langage plastique universel, où pour trouver le divin il faut d'abord purifier les éléments du tableau, et les ramener à leur plus simple expression : des lignes pures, horizontales ou verticales, et des couleurs pures, les primaires. La disposition de ces éléments est primordiale; jamais de symétrie, mais une recherche équilibre dans l'asymétrie.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que la graphiste en moi est séduite par l'idée d'une communication visuelle aux codes universels. Ça me parle, tout ça...

Déjà 18h. Je dois songer à retourner à l'appartement car j'ai promis à François que je lui préparais un couscous aux merguez ce soir. Je prends tout de même encore quelques photos de la vue splendide qu'on a du 4e étage du musée, du restaurant sur la terrasse, de l'architecture éclatée du centre.








Je marche vers la station de métro Rambuteau la tête et le coeur encore pleins de ma rencontre avec Mondrian.

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