JEUDI 3 MARS 2011
Midi trente. Je sors de l'appartement, l'esprit encore un peu embrumé malgré les 10 heures de sommeil et une bonne douche vivifiante. J'ai envie d'une balade de quartier, aujourd'hui. Pour plus tard les musées : je m'en vais sur la butte Montmartre.L'air frais - très frais - a tôt fait de me fouetter les sangs. C'est qu'il fait froid, à Paris, en mars. Le thermomètre a beau indiquer 10 degrés centigrades, mon organisme de Québécoise habituée au froid sec ressent davantage ce 10 comme un moins 5 Celsius : ici, l'humidité nous prends jusqu'aux os. Je me félicite d'avoir apporté ma doudoune en duvet, foulard et gants.
Station des Abbesses, je prends l'ascenseur pour remonter des profondeurs de la terre. Un son d'accordéon m'accueille à la sortie : un homme joue de son instrument, l'air mélancolique. Il pose pour moi le temps de 2 ou 3 clichés. Je lui laisse quelques pièces, nous échangeons des sourires.
Sans me presser, je sillonne les nombreux escaliers qui mènent jusqu'à la basilique du Sacré-Coeur, un beau gâteau blanc qui trône majestueusement au sommet de la butte. Les rues sont plutôt calmes; je croise peu de gens, mais un gentil minou vient se frotter sur mes jambes, cherchant un peu d'affection.
C'est toutefois une foule compacte qui m'attend au pied du grand escalier de la basilique : c'est littéralement noir de monde. Je me faufile et j'entre dans l'église, mais j'en ressors rapidement car l'atmosphère n'est pas au recueillement : les touristes sont bruyants et trop nombreux, et les surveillants un peu agressifs ne cessent de répéter «Pas de photos, s'il-vous-plaît!!!» J'ai comme un déjà vu... (voir http://danielleenitalie.blogspot.com/2008/05/jour-29-florence.html)
Retour sous le soleil; je me dirige vers la place du Tertre, où sont réunis en un tout compact artistes et touristes, les uns le regard aiguisé à l'affût du client potentiel, les autres au regard insouciant, le pas léger voire même indolent. Je m'installe sur la terrasse du Clairon des Chasseurs, à une petite table où je déguste un café à 5,50 euros : un peu cher, mais considérons que c'est le prix d'entrée pour le spectacle de la place, un espèce de ballet bien orchestré où artistes et touristes jouent le même rôle depuis des décennies.
Ragaillardie par la caféine, je repars sans trop de but; c'est mon ventre affamé qui me dirige alors vers le bas de la butte, au Comptoir des Belettes, un petit resto où l'on sert des tartines, l'équivalent français de la bruschetta italienne. Dans mon cas, c'est une tranche de pain campagnard garnie de reblochon, de lardons poêlés et de pruneaux séchés. Un petit verre de blanc accompagne fort agréablement le tout. Je sympathise avec le toutou de la place, Merlin, qui a le bisou intempestif, pour citer sa gentille propriétaire.
Je remonte grâce au funiculaire car je veux prendre quelques clichés supplémentaires, puis je redescends lentement vers le cimetière Montmartre : je veux revoir le somptueux tombeau de Dalida, la reine de Montmartre, qui «vit» là-bas son repos éternel, sa tombe surmontée d'une statue d'elle-même, grandeur nature, robe en queue de poisson et port altier compris. Et c'est un endroit calme, propice à la photographie et à la réflexion.
Mais je me perds dans l'immensité de ce cimetière... j'ai regardé le plan trop rapidement à l'entrée, je pensais pouvoir retrouver Dalida au pif... J'entends une cloche au loin : c'est la gardienne du cimetière qui annonce la fermeture des portes. J'arrive juste au moment où l'on ferme pour de bon... j'aurais pu rester enfermée ici, sans téléphone, pour la nuit... ? Non...
vraiment belles photos Danielle! Ça me donne hâte de partir moi aussi!
RépondreSupprimerJ'adore tes photos et surtout te lire, continue tu me fais voyager à peu de frais :)
RépondreSupprimerMerci pour vos commentaires! Je poursuis sous peu!
RépondreSupprimerLe minou de la voisine me chauffe les cuisses pendant que les sizerins essaient tant bien que mal d'attraper quelques graines de tournesol dans les mangeoires qui débordent de neige. Dans le silence de mon présent tout blanc, je lis ton récit de voyage, je regarde tes belles photos et je suis transportée vers ce Paris mythique que je n'ai visité qu'une seule fois, il y a bien trop longtemps. A demain.
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